Définition

cropped-guide-du-tatouage-homme-conseils-et-idees-pour-choisir-un-tatouage.jpgLe tatouage est un dessin réalisé sur la peau. La technique veut que le tatoueur injecte de l’encre dans la peau de la personne à l’aide d’une aiguille.

Une fois tatoué le motif restera à jamais sur votre corps c’est pour cela que le plus souvent il s’agit d’un symbole important pour celui qui le porte. Le mot tatouage provient du mot tahitien Tatau qui signifie marquer, dessiner dans la peau.

Un art ancestral

Son histoire est très difficile à retracer, car même s’il s’agit d’une pratique ancestrale et que les corps humains sont modifié depuis la nuit des temps, on ne peut pas encore la situer avec exactitude dans le temps, car peu d’historiens se sont consacrés à sa découverte et son évolution.

454px-MaoriChief1784Toutefois, on peut situer les premiers tatouages au niveau de la préhistoire. En effet, en 1991 a été découvert dans les Alpes Italiennes le corps momifié d’un chasseur néolithique piégé dans le glacier de SIMILAUN, datant de 5300 av. J.-C. Il a été relevé sur lui la présence de petits signes très stylisés et schématiques. Il s’agit du plus vieil exemple de tatouage. Il a également été établi que ces tatouages avaient été pratiqués dans un but médical et avaient une fonction thérapeutique, car situés au niveau des articulations et pouvant donc avoir un effet sur l’arthrose.

Avant cette découverte, le premier tatouage se situait en Égypte avec une momie de 2200 av. J.-C., dont le corps était entièrement tatoué de motifs décoratifs, mais ayant un but plutôt sacré et religieux.

La découverte en Asie centrale d’une momie datant de 500 av. J.-C. offrait, elle, des représentations de créatures imaginaires.
Il est donc réellement difficile de situer précisément le début de cette pratique, ceci aussi bien d’un point de vue historique que géographique.

Ces découvertes confirment le caractère ancestral de cet art. Dans la religion catholique la célèbre marque de Cain donne naissance au tatouage. Pour punir Cain d’avoir tué son frère Abel Dieu décide de marquer le premier meurtrier de l’humanité d’une marque indélébile : « L’Eternel lui dit : Si quelqu’un tuait Caïn, Caïn serait vengé sept fois. Et l’Eternel mit un signe sur Caïn pour que quiconque le trouverait ne le tuât point »

Une marginalisation

Mais, partout où le tatouage s’est manifesté il a contribué à marginaliser ses adeptes d’une certaine façon. Il servait à distinguer les classes sociales, à marquer le passage d’un état à un autre, à identifier les esclaves ou encore les criminels…

En occident, dès le 8ème siècle, les marques corporelles d’inspirations païennes sont bannis par le clergé, qui durant cette époque, diriger la société, car pour eux « on ne modifie pas le corps que Dieu nous a donné ». Dès lors, il associe le tatouage aux peuples dit « non-civilisés ».

tatouage-fleur-de-lis050En France, jusqu’à la fin de l’Ancien Régime (et même encore sous l’Empire), la marque sur le corps est la sanction d’un crime. Le Code noir, préparé par Colbert et publié après sa mort à la fin du XVIIe siècle, prescrit le marquage des esclaves fugitifs d’une fleur de lys en signe de propriété de leur maître. Les tatouages de servitude, les inscriptions punitives, les marques d’infamie sont autant d’injonctions à se soumettre à la loi d’un corps devenu objet, d’un être déchu de ses droits, littéralement exclu de la société. Cette stigmatisation oeuvre au repérage des individus considérés comme dangereux, malsains, dont il convient de se méfier. Le tatoué étant ainsi associé au marginal aux mœurs plus que suspectes, à l’opposant à l’ordre religieux, politique ou social, à l’esclave, au délinquant, au criminel. La traite des Noirs espagnole, portugaise, néerlandaise, anglaise et française use des inscriptions infamantes. Les maîtres marquent leurs esclaves de leurs propres initiales afin d’en assurer l’identification en cas d’évasion. Ainsi, le tatouage a longtemps marqué d’un sceau infâme, déshonorant la chair des sujets « déviants » considérés comme douteux, immoraux, « sauvages » ou violents.

En dépit de cet usage imposé par le dogme, de nombreux individus ont délibérément choisi cette marque tégumentaire dissidente. Symbole de reconnaissance et d’affiliation à un groupe antisocial, le tatouage opère comme un signe de marginalisation volontaire qui « répète une volonté de se détacher du reste de la société »

Toutefois, le statut profondément négatif du tatouage en fait parallèlement une pratique transgressive qui, dans certains contextes, se révèle particulièrement opérante. En effet, se tatouer est un acte fort (à la fois physique et symbolique) : en faisant effraction, déchirure dans la surface lisse du corps, le tatouage s’énonce comme une provocation manifeste, un cri offensif ou une stratégie défensive. Le signe-stigmate devient une arme encrée qui permet au sujet d’affirmer épidermiquement une opposition, de matérialiser une résistance, de s’inventer une peau-armure.

Prisons, bagnes, camps de concentration sont des lieux où les corps sont 240px-Auschwitz_survivor_displays_tattoo_detailsoumis, torturés, désoeuvrés, déshonorés, déshumanisés, détruits. Dans ces situations où l’homme devient bétail, objet ou cadavre, agir sur son corps permet de reprendre un certain contrôle, de se réapproprier sa dignité d’homme tout en faisant front à l’oppression.

Paralysés par l’enfermement, soumis à un déni d’identité, privés de tout contact sensoriel, subissant violences physiques, psychiques et humiliations, les prisonniers, les déportés font de leurs peaux un médium de communication, d’expressivité, une façon de dire l’impossible à dire. La peau prend la parole quand l’individu ne peut s’exprimer autrement.

Par le tatouage, l’individu transforme sa faiblesse, sa servitude, son supplice en expressionnisme offensif et à stratégie existentielle. Le tatouage exprime alors la haine de la police, de la justice, d’une hiérarchie, d’un régime politique ou de la société toute entière tout en révélant une reprise en main de sa propre existence. Par exemple, un point sur la première phalange de chaque doigt signifiera : « J’emmerde la justice jusqu’au bout des doigts » hbjk; trois points en triangle : « Mort aux vaches », sans compter les phrases tatouées affichées sans aucune ambiguïté : « Ma haine aux gradés », « J’emmerde la justice », « Ni Dieu ni maître », « Vaincu mais non dompté », « Sans pitié » ; ou encore le simple mais néanmoins efficace « Merde » que se gravaient dans la paume de la main droite, en général. Le sujet devient son propre tortionnaire, son propre bourreau : il affirme pour un dernier instant son identité et sa révolte viscérale en faisant lui-même le choix de sa torture ou de sa mort. Cet usage du tatouage fait du corps un lieu où s’effondrent toute autorité, toute emprise, tout pouvoir. Le corps se transforme alors en instrument politique.

Le tatouage est considéré vieux comme la monde et a eu autant de symbolique que de formes : cartes d’identité, rites de passage, remède thérapeutiques ou encore symboles religieux. Par exemple, les indigènes tahitiens se tatouaient afin de s’accorder les grâces, la protection et les faveurs de leurs dieux.

Par la suite, le tatouage n’a jamais vraiment était accepté avant la fin du XXeme siècle en occident. Au contraire, il accentuait l’image de marginalité, et certains groupes sociaux y ont vu une façon de pouvoir affirmer leur retrait vis-à-vis de la société, comme « les bikers » (groupes de motards) , « les mods »(groupes prônant la vie festive « way of life ») ou encore « les rockers »(groupes marquant leur appartenance à la culture Rock’N’roll). En revanche, le tatouage se développe particulièrement au Japon. D’abord utiliser pour marquer les criminels, le tatouage devient une forme d’art à part entière.

Du spirituel à l’esthétisme

Au fil des siècles suivants, le chemin semé d’embuches du tatouage continu. Malgré l’engouement général pour cet art, celui-ci met du temps à se répartir. La lenteur de la procédure, la douleur endurée par le tatoué, sans oublier les risques d’infection, pouvant mettre en danger la vie des courageux, freinent quelque peu la propagation grandissante du tatouage.

SamC’est à la fin du 19ème siècle que Samuel O’Reilly bouleverse et requinque le monde du tatouage en inventant la machine à tatouer électrique. En plus d’être une révolution, cet appareil diminue considérablement les risques d’infection et permet de se tatouer en subissant une douleur moindre, voire tout à fait supportable. De part cette invention révolutionnaire, certains aristocrates d’Europe, fasciné par cette pratique, s’y adonnent. En effet, les européens apprécient énormément les marques et dessins des explorateurs et marins revenus de pays lointains. C’est donc dans les villes portuaires anglo-saxonne que les premières échoppes apparaissent, où les marins en bordée associent à leurs beuveries et bagarres, un tatouage devenu rituel.

Les marins naviguent des ports aux bagnes, et c’est ainsi que, dans les pays latins comme la France ou l’Italie, se dessine le tatouage de prison. Le symbole des aventuriers est devenu la marque des mauvais garçons. Le tatouage est la marque des gros durs, la peau sillonnée de têtes de mort à la sortie des prisons, qui portent sur eux les traces de leurs méfaits et de leur vécu.

soa_vie-de-bikersLes années passant, ce sont les soldats, envoyés loin de leur pays natal, qui adoptent le tatouage dans la fin des années 40, début 50. Ces héros prennent ces marques comme une armure, et choisissaient des modèles assez simples et traditionnels, tel que des symboles de liberté. Les vétérans, utilisant la moto comme moyen de transport, se sont fait catégoriser comme bikers. C’est ainsi que ce groupe s’est créée, et, au fur et à mesure, ne comptait plus uniquement des militaires, mais une grande partie de rebelles. Ils se sont donc réappropriés le tatouage pour exprimer leurs indépendances ainsi que leurs volontés de sortir du rang, mais aussi pour affirmer leurs images de « bad boy ». Ils se tatouaient généralement des pin-ups, ou encore les emblèmes ou les noms de leur gang et deviennent en quelque sortes la vitrine du tatouage.

Dans les années 60, on assiste à la première révolution du tatouage, à San Francisco, grâce aux mélanges des hippies, des rockers et de l’avant-garde underground de l’époque mais aussi grâce aux pionniers de l’aiguille comme Lyle Tuttle, artiste tatoueur. Les premiers tatoueurs étaient itinérants et se promenaient avec des « carnets de voyage », lesquels leurs permettaient de montrer leurs dessins à leurs clients, qui se faisaient tatouer où ils pouvaient, souvent dans des endroits inappropriés.tumblr_m5771sNT4c1r7s2kso1_1280

La libération des femmes, à la fin des années 60, à aussi permit au tatouage de se propulser à son niveau de popularité que l’on le lui connaît aujourd’hui. Notamment dû à leur exigence plus accrue, mais aussi par leurs demande de motifs plus personnels qui finiront par susciter l’intérêt de plus en plus de personne.

Dans les années 70, le tatouage devient bien plus qu’une mode, mais une culture. Notamment chez les punks ou encore les skinheads qui sont devenu la nouvelle affiche du tatouage.punk-9

  • Le mouvement punk tiens ses racines d’ Amérique. Ils abusent du tatouage afin de provoquer, choquer, et l’utilise pour exprimer leur mépris de la société et leur dissidence. Ils furent notamment connus pour se faire tatouer la phrase « marche ou crève », qui était déjà présent dans les tranchées de la première guerre mondiale.

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  • Les hippies, tenant aussi leur origine d’Amérique, se tatouent plus dans un but personnel de séduction. Leurs tatouages miment le rapprochement sexuel, l’érotisme et l’attirance avec le monde par des figures très psychédéliques, comme des fleurs, des astres, des mots de paix, d’amour ou encore de liberté. Les hippies sont très actifs politiquement, notamment concernant la guerre du Vietnam, et n’hésite pas à lutter pour leurs idées.

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  • Chez les skinhead, qui pour leur part, tiens leur origine de Grande-Bretagne, est un mouvement multi-culturel, multiracial et apolitique, affirmant leur appartenance au prolétariat s’inspirant de la classe ouvrière ; la base du mouvement prolétaire et antiraciste voulant l’émancipation par la fraternité et la solidarité véhicule la marginalité et use du tatouage.

A cette époque, le tatouage était encore illégal dans beaucoup d’état, comme à New-York par exemple, et permettait de se positionner dans la société, affirmer leurs opinions mais aussi à revendiquer son appartenance à une culture, une tribu ou un mode de vie, comme vu ci-dessus. Cet art était choquant, mais acceptable pour la population.

Le tatouage s’exhibe, notamment grâce aux groupes de musique, de rock’n’roll ou de punk par exemple, qui passent des sous-sols au stade. Les tatoueurs deviennent à leurs tours des stars, augmentant ainsi le nombre de tatoués.

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L’ère de la banalisation

Petit à petit, la culture hip-hop rentre dans le milieu du tatouage, à la plus grande surprise des tatoués/tatoueurs.kid-ink

Ce geste, à entraîné le show business à tenter l’expérience, qui se sont fait, à leur tour, suivre par les stars. Le côté « mauvais garçon » auquel s’apparente le tatouage est désiré par tout le monde. C’est ainsi que le look rebel monte sur les podiums de la haute couture rendant le tatouage « cool ».

Les marques ainsi que le monde de l’image s’accapare eux aussi le tatouage le rendant moins intimidant . Enfin, le tatouage se transforme en une lubie qui se répand dans presque toutes les couches sociales, y compris dans la haute société.

Le tatouage a connu, à travers les siècles, de nombreuses significations et évolutions. De marque d’appartenance à une tribu, au signe de l’esclavage et de l’humiliation, celui-ci a bien sûr évolué selon les époques et selon les lieux.

Dans certaines parties du monde, la valeur du tatouage reste inchangée depuis la Préhistoire. En revanche, on ne peut pas dire que c’est le cas dans notre monde occidental. En effet, l’inscription corporelle a subi des mutations considérables tout au long de son parcours. Actuellement, le tatouage a perdu sa signification première, pour devenir un effet de mode, une appartenance à un groupe. Cette situation a atteint une telle ampleur, que des gens tatoués depuis des années, enlèvent leurs tatouages, pour ne pas être mêlés à un conformisme ambiant.

JPG-COCA-e1340632423433Depuis les années 1980, les médias ont largement contribué à changer la vision des tatouages, du moins pour la jeunesse. Leur envie était de se singulariser par apport au reste de la société, de devenir unique face à un monde tendant au conformisme. Ceci diffère des tatouages tribales, qui avaient une signification d’appartenance à un groupe ou caractérisant une tranche d’âge ou un évènement donné.


Cependant, depuis quelques années, cette manière de se différencier du groupe a fini par donner naissance à un phénomène de mode. Nombre sont les jeunes qui se tatouent pour faire comme les autres ou pour être remarqués en oubliant le fondement même du tatouage, la signification inscrit ad aeternam vitam sur la peau. Pour cela de nombreux jeunes regrettent leur acte peu de temps après leur passage chez le tatoueur. Bien qu’il existe différents moyens de « détatouer » (laser, ablation chirurgicale, trempage, …), ils sont dangereux et laissent souvent des cicatrices.

LTR-2Dans notre société de consommation, tout prône la perfection, l’idéalisme d’un corps parfait. Le sport, le maquillage, les régimes, etc…, tout ceci répété sans cesse dans notre environnement, pousse les personnes dans un sentiment de contrôle et de transformer notre corps selon nos envies, banalise le tatouage. L’individu veut s’individualiser du reste du monde, mais face aux regards des autres, il s’oblige inconsciemment à suivre une doctrine, et devient finalement aussi banal. Malgré cela, les gens pensent toujours prendre leurs décisions seuls, le poids de la société reste tout de même présent.

Phénomène de mode

Pendant longtemps, le tatouage était le signe des marginaux, des rébus de la société. Aujourd’hui ce n’est plus le cas, pourquoi ?

Premièrement, il faut savoir que le tatouage est plus largement diffusé qu’auparavant. Stars mondiales tatouées de la tête aux pieds, salons de tatouage à proximité, influence de groupes ont donné aux jeunes l’envie de reproduire sur leurs corps, cet effet de mode.halle

Malgré cet effet de mode, on constate que derrière cette démarche, il y a toujours, au départ, un but bien précis. Il peut s’agir d’une affirmation identitaire, d’un geste symbolique inconscient ou encore l’envie de s’autonomiser du cercle parental. En effectuant, un tatouage, l’individu fait savoir à son entourage qu’il veut prendre possession de son corps. Désormais, il pourra décider lui-même de son devenir, sans forcément se sentir, « contrôler » par autrui. Parfois, on peut traduire cela par une envie de révolte : le fait que les parents ne soient pas d’accord ou même pas au courant, prend une part importante du processus d’individualisation.

Depuis sa naissance, le nourrisson est influencé par son environnement direct, la relation privilégié qu’il entretien avec sa mère est une part importante de la formation du Moi (libre arbitre) et la mise en place du Surmoi, qui tend à la perfection des agissements de l’individu. Les soins matériels de la mère lui permettent de construire les bases de son image souvent bouleversées à l’adolescence.

La peau fait office de barrière entre les deux, protégeant des menaces extérieures. Le tatouage permettrait à l’enfant, une fois devenu adolescent, d’investir son corps, en abordant dans un climat de sécurité la vie. La mère peut donc influencer les agissements esthétiques de son enfant. Pour devenir un adulte, le jeune doit être rassuré et ne pas avoir d’angoisse sur son identité, ce serait en quelque sorte le moyen de sortir de l’enfance, et de la protection maternelle.

Il existe toute sorte de tatouages, et quelques en soit la venue, la période ou la forme qu’ils prennent, ces derniers en disent beaucoup sur la personne.

Souvent, les parents ont une image négative du tatouage, ils l’associent aux sadomasochistes, à l’homosexualité (pénétration de l’aiguille dans la peau), signe de marginalité ou de révolte face à la société. Rares sont les parents, non-tatoués, qui encouragent le jeune, certains le font, discutent avec leurs enfants pour bien comprendre la démarche, certains l’accompagne même jusque chez le tatoueur.

En effet, le tatouage marque de façon permanente, un affect, une amitié, une histoire ou une connivence. L’adolescent montre qu’il peut prendre des risques, écrire une histoire sur son corps, prendre une initiative autonome.le-puzzle-ne-se-resout-que-s-ils-sont-reunis

Le tatouage et la société

Dans notre société, les marques corporelles semblent faire l’objet d’une nouvelle « fascination ». Autrefois arboré par les classes dites « malfamées », de nos jours, cette forme d’art est utilisée de différentes manières. Cependant, dans chaque situation, on constate que le tatouage joue le rôle soit de parure ou de bijoux, soit d’amélioration de notre corps. En effet, certaines personnes, mal dans leur peau, voit dans cette pratique une forme de renaissance. Le fait d’être tatoué leurs donnent l’impression d’avoir un corps « neuf », d’être quelqu’un d’autre, quelqu’un de mieux.

Actuellement, le tatouage connaît un succès fulgurant. L’idée que le corps humain est « un objet malléable » pénètre les jeunes générations. Ces générations grandissent dans une ambiance intellectuelle qui voit le corps inachevé, imparfait. C’est pourquoi elles pensent devoir le rendre plus beau, le compléter avec un style propre à chaque individu.

imagesD’ailleurs, le tatouage n’est plus uniquement réservé aux gens dit « mauvais ». L’engouement général pour les inscriptions indélébiles investit l’ensemble de nos sociétés et plus particulièrement les jeunes. Si malgré tout, le conflit d’interprétation demeure, c’est parce qu’il est lié entre les idées des anciennes générations et celles des nouvelles.only_the_brave_tattoo_models

Le tatouage change radicalement de statut. On le voit partout : publicité, mode, cinéma, culture et dans le sport. Les studios de modifications corporelles se multiplient.
Jadis utilisé comme rite de passage dans de nombreuses sociétés traditionnelles, le tatouage, de nos jours, à plus une importance dite « esthétique ». Cet effet de mode, à commencé par le milieu de la mode et plus précisément grâce aux créateurs Jean-Paul Gaultier qui faisait défiler ces mannequins tatoués.

defile-jean-paul-gaultier-vive-tatouages-L-j1CnwZLe choix d’une marque corporelle réside d’un acte personnel. Il ne révèle pas d’une évidence culturelle mais plutôt de l’approbation personnelle.

Le monde du travail

Le tatouage dans l’entreprise est semble-t-il aujourd’hui encore un frein à l’embauche comme à l’accession à certaines fonctions. Si il est communément admis, de nos jours, que le tatouage est porté par monsieur ou madame tout le monde, les barrières étant clairement tombées, sans distinction d’âge, d’appartenance culturelle, ethnique ou de milieu social, chacun connaissant forcément une ou plusieurs personnes tatouée dans son entourage plus ou moins proche, il n’en va pas forcément de même pour la perception du tatouage dans l’entreprise et dans le monde du travail. Petit état des lieux de la situation actuelle, de la législation et de la jurisprudence dans le domaine.

Dans le monde du travail, on constate que les gens fortement tatoués n’ont pas leur place dans certains domaines. Prenons l’exemple du milieu bancaire. Une banque travaille avec toute la société et non pas qu’une partie. L’image de celle-ci est véhiculée entre autre par ses employés. Elle pourrait perdre des clients si ses collaborateurs ne respectaient pas une certaine ligne de conduite par rapport à l’apparence et à l’habillement. C’est aussi le cas dans le milieu médical, administratif, touristique, etc. En fait, tout ce qui relie ces branches, c’est le contact avec une clientèle variée.

En parallèle à cette démocratisation du tatouage, qui a connu une entrée dans les mœurs très rapide ces 20 dernières années, la pratique consistant à s’encrer la peau, et plus généralement à apporter des modifications artificielles à son corps reste aujourd’hui encore pour une frange plus âgée de la population un signe auto-destructeur de rébellion et de mise en marge de la société, reliant la pratique à la drogue, la délinquance et autres préjugés à la vie dure.

A contrario, une personne fortement tatouée, dérangera moins dans certains domaines. En effet, il n’est pas rare de rencontrer des personnes tatouées sur les chantiers, dans les garages, les bars, etc. Dans ces corps de métiers, la clientèle attendra moins une apparence conventionnelle et attachera plus d’importance au travail fournit.

En conclusion, une personne densément tatouée se verra fermer des portes dans certains domaines.

Cependant, on peut émettre l’hypothèse que dans quelques années, l’intégration du tatouage dans le monde du travail pourrait changer. Les tatouages étant mieux acceptés par la nouvelle génération, on peut imaginer que nos banquiers, nos médecins ou nos agents d’assurance porteront des tatouages visibles et que leur apparence ne prendra plus le dessus sur leurs compétences.

De par sa popularité grandissante, associée à son caractère irréversible (ou presque), le tatouage est voué à se banaliser toujours plus, à sortir de la mauvaise image qu’il véhicule encore parfois dans les sociétés occidentales. Nous évoluons aujourd’hui dans une situation à mi-chemin entre acceptation généralisée et rejet non avoué, la législation en matière de body art en étant encore à ses balbutiements, que ce soit au niveau de l’encadrement de la pratique ou des codes tacites de notre environnement sociétal.

Dans nos sociétés actuelles où la pratique du tatouage et des modifications corporelles en général s’est largement épanouie, ces significations et ces symboliques semblent toujours opérantes. Le plus souvent revendiqué comme parure le tatouage n’en reste pas moins un signe de résistance permettant au sujet de clamer sa différence, son altérité, son unicité face aux corps lisses et sclérosés, aux corps-images dénués de chair qu’imposent les diktats esthétiques de nos sociétés contemporaines. Le tatouage est devenu une sorte de refuge et une ressource dynamique permettant de mettre à mal l’homogénéisation et la virtualisation des corps et des identités. Dans un monde mouvant, de plus en plus incorporel, la pratique du tatouage institue des corps « rematérialisés », réinvestis, singulièrement réincarnés qui luttent à leur façon contre les normes qui contraignent l’être et le paraître

Le tatouage amortit l’offense, l’agression extérieure ou le malaise intérieur. Il matérialise l’effusion de la souffrance, la transforme, la ritualise telle une auto-initiation. Si le tatouage constitue la trace indélébile de cet état douloureux, s’il en est la mémoire vivante à fleur de peau, il évoque néanmoins un passage, il signe une renaissance. Par cet acte alloplastique qu’est le tatouage, la peau devient l’objet d’un réinvestissement à la fois matériel et symbolique. Par lui, le sujet endigue le trop plein de souffrance, se répare, se ré-enracine, se ré-institue, se ré-origine. Ainsi, le tatouage crée une peau de résistance qui fait face et permet au sujet de refaire surface au sens propre comme au sens figuré.

Le tatouoigvhbage représente aujourd’hui pour la plupart de ses adeptes une démarche visant à se ré-approprier sa propre personnalité, à se forger une nouvelle identité, dans un cadre imposant ses codes culturels et ses modes de pensée au niveau global, poussant l’individu à ne plus penser par lui-même, tout en exacerbant, paradoxalement, son individualisme. Le tattoo n’est plus systématiquement considéré comme excluant l’individu, comme cela a été le cas par le passé, jusqu’à la fin des années 80, voire le début des années 90. Le tatouage était alors l’attribut des bikers, des blousons noirs, marins, taulard et autres skinheads, autant de groupes en marge de la société, pour diverses raisons propres à leur identité et à leurs convictions politiques, morales ou religieuses. Aujourd’hui, il apparaît plus comme une façon de démontrer son originalité, de crier sa révolte identitaire. Il est en phase de devenir jour après jour un accessoire de mode comme un autre, bien que cet aspect se heurtera toujours à la nature éphémère de la mode.

Les différents styles de tatouages

Aujourd’hui, le tatouage s’est démocratisé, entraînant avec lui de nouveau style de tatouage, ou encore, une revisite des anciens style de tatouage, plus traditionnels. Selon certains tatoueurs, les jeunes regardent le passé comme quelque chose de solide, ce qui les attire vers les classiques.

En fonction des différentes cultures et civilisations, des endroits du corps sur lesquels ils sont appliqués, voire désormais selon la personnalité des artistes tatoueurs, les styles de tatouages peuvent être multiples. En plus de leurs significations variées, parfois codifiées, parfois non, on retrouve des grands courants de styles de tattoos :

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⦁ Le tatouage tribal : probablement le plus connu est l’un des plus demandé, un style à base de lignes courbes épaisses avec aplats de noirs le plus souvent. Ce style s’inspire des tatouages primitifs, comme le Moko Maori ou le Tatau polynésien traditionnel. On le retrouve dans les îles du pacifique avant tout, mais également sur les continents africains, américains, en Océanie…


old-school-sailors-tattoos⦁ Le tatouage old school : tatouage traditionnel très classique dont les motifs ont une signification très rock’n’roll, biker… Il s’agit d’un style au contours épais, avec un ombrage noir fort et des couleurs très vives.


⦁ Le dotart, ou art du point : un style de tatouage entièrement réalisé à partir de milliers de points, à l’instar du pointillisme en peinture. Cette technique est particulièrement adaptée pour donner des effets de matière très réaliste ou encore pour raviver un ancien tatouage

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tatouage-bio-mecanique-9⦁ Le tatouage biomécanique : tatouage visant à incorporer et mélanger des motifs biologiques, organiques et mécaniques. Ce style peut avoir de nombreuses déclinaisons, par exemple visant à donner l’illusion que le motif se trouve sous la peau du tatoué, façon cyborg. Le style H.R. Giger donne beaucoup d’inspiration au tatouage biomécanique.


5cc51d_17df27b85e2e47509db4874591307307.png_srz_721_531_85_22_0.50_1.20_0.00_png_srz Le tatouage asiatique traditionnel : inspiré de l’art asiatique, souvent japonais ou chinois, il est connu comme étant le style de prédilection de tatouage des Yakuzas. Les motifs et leur représentation sont très codifiés par la culture et ont une signification aussi forte qu’immuable et intemporelle (dragons, poissons, samourais, geishas, tigres, fleurs de lotus, grues…)


OLYMPUS DIGITAL CAMERA⦁  Le tatouage celtique : Dérivé celte du tatouage tribal, il peut être considéré comme faisant partie de la même famille, mais sa composition à base d’entrelacs et d’écritures celtiques lui confère un style bien particulier et reconnaissable, à base de motifs comme la croix celtique


Nikko-Hurtado-11⦁ Le tatouage morbid ou horror : style de tatouage inspiré des visuels tirés des films d’horreur (personnages violents ou sanguinolents, tueurs en série, monstres, aliens…) ou de science-fiction et de fantasy (le seigneur des anneaux, Alien et Giger sont là aussi bien présents), avec un graphisme aux connotations très gore. Ce style s’accomode parfaitement avec certaines caractéristiques du biomécanique et du réaliste dont il est au final une extension hybride : les principales iconographies de ce style tournent autour des cranes et de la mort, ce qui en fait un style très apprécié des amateurs de métal


tatouage-réaliste-fleur-400x573⦁ Le tatouage réaliste : comme son nom l’indique, il s’agit là de reproduire de façon réaliste un sujet : la photo et le portrait sont deux déclinaisons qui se prêtent à merveille à ce style de tattoo, dont le réalisme est souvent plus poussé avec des tatouages en noir et blanc aux détails infiniment poussés. Il s’agit là d’un des styles de tattoos les plus techniques et aussi les plus risqués. Les plus gros échecs de tatouages proviennent souvent de portraits ratés. On retrouve également dans le réalisme des animaux (parfois avec des effets de relief, des fleurs ou motifs naturels.


rick-genest-l-homme-le-plus-tatoue-au-mondeLe tatouage intégral : Il peut bien sur combiner plusieurs styles de tatouage différents, mais un travail sur l’unité d’une pièce globale correspond mieux à sa définition, le but étant d’obtenir un tatouage recouvrant l’intégralité du corps, que l’on va appeler “body suit” (combinaison corporelle). Il peut également être une collection de tatouages de tous styles. Quelques-uns des hommes et femmes les plus tatoués de France et du monde : Isobel Varley, Julia Gnuse, Rick genest aka Zombie boy, Lucky Diamond Rich, Etienne Dumont, Pascal Tourain…


⦁ Le tatouage « UV » ou « blacklight » : ce tatouage n’est visible que sous lumière uv, ou sous lumière noire, d’où son nom. Un tatouage encore très peu répandus en France.uv_tat10


194c3b78acc566e75c76cbbfe228ae04⦁ Le New School : Dérivé du style du Old school, mais beaucoup plus récent, le New School se démarque notamment par ses dégradés de couleurs. Les motifs restent les mêmes que ceux du Old School, à la différence près qu’ils sont modernisés, et font souvent appel aux effets tridimensionnels.


une-fleur-aux-quatre-petales-en-tatouage-polynesien_129493_w460⦁ Polynésien : le tatouage de style polynésien est caractérisé par des motifs traditionnels issus de la culture polynésienne. Le tatouage est réalisé uniquement à l’encre noire et est composé de lignes courbes ou de représentations stylisées d’animaux (requin, tortue, lézard, etc.).


⦁ Le tatouage 3D : Comme son nom l’indique, il s’agit d’un tatouge en 3 dimensions. Son style est assez nouveau, et il faut une très bonne maitrise du dessin afin de pourvoir effectuer ce genre de graphisme.3d-leg-tattoo

Affaire de stars

LLes-tatouages-de-stars-une-passion-encree_visuel_article2e fait que le tatouage en soit à ce point démocratisé et rentré dans les moeurs, plus pariculièrement chez la nouvelle génération, est en grande partie du aux stars, qui n’hésite pas à exhiber leurs tatouages à travers les médias. On peut prendre comme exemple Rihanna, ou encore Lady Gaga, icône internationnal pour beaucoup d’adolescents. Mais le tatouage ne compte pas uniquement le monde de la musique dans ces adeptes, mais aussi des acteurs, comme Angélina Jolie, Alyssa Milano ou encore Johnny Depp, tout comme les sportifs, à l’image de David Beckham ou Florent Manaudou.