Du spirituel à l’esthétisme

Au fil des siècles suivants, le chemin semé d’embuches du tatouage continu. Malgré l’engouement général pour cet art, celui-ci met du temps à se répartir. La lenteur de la procédure, la douleur endurée par le tatoué, sans oublier les risques d’infection, pouvant mettre en danger la vie des courageux, freinent quelque peu la propagation grandissante du tatouage.

SamC’est à la fin du 19ème siècle que Samuel O’Reilly bouleverse et requinque le monde du tatouage en inventant la machine à tatouer électrique. En plus d’être une révolution, cet appareil diminue considérablement les risques d’infection et permet de se tatouer en subissant une douleur moindre, voire tout à fait supportable. De part cette invention révolutionnaire, certains aristocrates d’Europe, fasciné par cette pratique, s’y adonnent. En effet, les européens apprécient énormément les marques et dessins des explorateurs et marins revenus de pays lointains. C’est donc dans les villes portuaires anglo-saxonne que les premières échoppes apparaissent, où les marins en bordée associent à leurs beuveries et bagarres, un tatouage devenu rituel.

Les marins naviguent des ports aux bagnes, et c’est ainsi que, dans les pays latins comme la France ou l’Italie, se dessine le tatouage de prison. Le symbole des aventuriers est devenu la marque des mauvais garçons. Le tatouage est la marque des gros durs, la peau sillonnée de têtes de mort à la sortie des prisons, qui portent sur eux les traces de leurs méfaits et de leur vécu.

soa_vie-de-bikersLes années passant, ce sont les soldats, envoyés loin de leur pays natal, qui adoptent le tatouage dans la fin des années 40, début 50. Ces héros prennent ces marques comme une armure, et choisissaient des modèles assez simples et traditionnels, tel que des symboles de liberté. Les vétérans, utilisant la moto comme moyen de transport, se sont fait catégoriser comme bikers. C’est ainsi que ce groupe s’est créée, et, au fur et à mesure, ne comptait plus uniquement des militaires, mais une grande partie de rebelles. Ils se sont donc réappropriés le tatouage pour exprimer leurs indépendances ainsi que leurs volontés de sortir du rang, mais aussi pour affirmer leurs images de « bad boy ». Ils se tatouaient généralement des pin-ups, ou encore les emblèmes ou les noms de leur gang et deviennent en quelque sortes la vitrine du tatouage.

Dans les années 60, on assiste à la première révolution du tatouage, à San Francisco, grâce aux mélanges des hippies, des rockers et de l’avant-garde underground de l’époque mais aussi grâce aux pionniers de l’aiguille comme Lyle Tuttle, artiste tatoueur. Les premiers tatoueurs étaient itinérants et se promenaient avec des « carnets de voyage », lesquels leurs permettaient de montrer leurs dessins à leurs clients, qui se faisaient tatouer où ils pouvaient, souvent dans des endroits inappropriés.tumblr_m5771sNT4c1r7s2kso1_1280

La libération des femmes, à la fin des années 60, à aussi permit au tatouage de se propulser à son niveau de popularité que l’on le lui connaît aujourd’hui. Notamment dû à leur exigence plus accrue, mais aussi par leurs demande de motifs plus personnels qui finiront par susciter l’intérêt de plus en plus de personne.

Dans les années 70, le tatouage devient bien plus qu’une mode, mais une culture. Notamment chez les punks ou encore les skinheads qui sont devenu la nouvelle affiche du tatouage.punk-9

  • Le mouvement punk tiens ses racines d’ Amérique. Ils abusent du tatouage afin de provoquer, choquer, et l’utilise pour exprimer leur mépris de la société et leur dissidence. Ils furent notamment connus pour se faire tatouer la phrase « marche ou crève », qui était déjà présent dans les tranchées de la première guerre mondiale.

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  • Les hippies, tenant aussi leur origine d’Amérique, se tatouent plus dans un but personnel de séduction. Leurs tatouages miment le rapprochement sexuel, l’érotisme et l’attirance avec le monde par des figures très psychédéliques, comme des fleurs, des astres, des mots de paix, d’amour ou encore de liberté. Les hippies sont très actifs politiquement, notamment concernant la guerre du Vietnam, et n’hésite pas à lutter pour leurs idées.

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  • Chez les skinhead, qui pour leur part, tiens leur origine de Grande-Bretagne, est un mouvement multi-culturel, multiracial et apolitique, affirmant leur appartenance au prolétariat s’inspirant de la classe ouvrière ; la base du mouvement prolétaire et antiraciste voulant l’émancipation par la fraternité et la solidarité véhicule la marginalité et use du tatouage.

A cette époque, le tatouage était encore illégal dans beaucoup d’état, comme à New-York par exemple, et permettait de se positionner dans la société, affirmer leurs opinions mais aussi à revendiquer son appartenance à une culture, une tribu ou un mode de vie, comme vu ci-dessus. Cet art était choquant, mais acceptable pour la population.

Le tatouage s’exhibe, notamment grâce aux groupes de musique, de rock’n’roll ou de punk par exemple, qui passent des sous-sols au stade. Les tatoueurs deviennent à leurs tours des stars, augmentant ainsi le nombre de tatoués.

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